A Jazzy Reading of Francophone Cinema and Literature/Une lecture jazzique du cinéma et de la littérature francophones
Jazz is the product of an encounter between Europe and Africa in the New World. The same can be said of francophone literature. Kamau Brathwaite, in his article “Jazz and the West Indian Novel,” defines jazz as music “played in an Africanized manner on European instruments.” We can extend this definition to francophone African and Caribbean literature, understanding these texts as being written in an Africanized manner using a European instrument — French, the language of the colonizer — on a new territory. Historically, jazz has its roots in francophone New Orleans. It resulted from the encounter between Creoles of the French Quarter who could read music and Uptown Blacks who knew how to improvise: a friction between the oral and the written which is also felt in francophone literature.
The same tensions are reproduced with variations (one of the main tropes of jazz) in the use of jazz in French and francophone cinema, as soundtrack (e.g. Miles Davis’ in Louis Malle’s Lift to the Scaffold, 1958), subject (e.g. Tavernier’s ‘Round Midnight, 1986), or form of hybrid aesthetics (e.g. Mambety’s Touki-Bouki, 1973). Viewing francophone films through the lens of jazz and its distinctive distortions of standard themes and powers of improvisation lead to a fertile reading of its production and rebellious aesthetics.
Inspired by these parallels, we looking for contributions in French or English that explore modes of francophone cultural expression which, like jazz, are based on an African inheritance yet built on a superstructure of Euro-American languages, attitudes and techniques.
Le jazz est le produit d’une rencontre entre l’Europe et l’Afrique. La littérature francophone est issue de cette même rencontre. Kamau Brathwaite, dans son article « Jazz and the West Indian Novel », définit le jazz comme une musique «jouée d’une façon africanisée sur des instruments européens.» On peut élargir cette définition et dire que la littérature francophone est écrite d’une façon africanisée sur un instrument européen : la langue du colonisateur, le français. Les origines mythiques du jazz se situent à la Nouvelle-Orléans où la rencontre entre les Créoles du Quartier français qui savaient lire la musique et les Noirs du quartier ouest de Canal Street qui savaient improviser créa un nouveau genre. On ressent une tension similaire entre l’oral et l’écrit dans la littérature francophone.
Les mêmes tensions se reproduisent avec des variations (une des caractéristiques du jazz) dans le cinéma français et francophone: dans la bande-son (Miles Davis dans Ascenseur pour l’échaffaud de Louis Malle, 1958), le sujet du film (Autour de minuit de Tavernier, 1986), ou encore dans une possible forme esthétique hybride (Touki-Bouki de Mambety, 1973). Ainsi, analyser le cinéma francophone à travers le prisme du jazz et des distorsions spécifiques qu’il imprime aux thèmes standards et à travers ses pouvoirs d’improvisation peut mener à une lecture fertile de sa production et son esthétique rebelle.
Prenant notre inspiration de ces parallèles, nous cherchons des interventions en anglais et français qui explorent les modes d’expression culturelle francophone qui, tout comme le jazz, sont basés sur un héritage africain mais aussi construits sur une superstructure de langues, attitudes, et techniques euro-américaines.