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Poétique de la fragmentation et de la résilience : La fabrique du féminin et les mémoires diasporiques chez Fatima Daas et Kim Thúy

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Abstract

S'inscrivant dans les débats contemporains sur l'autofiction et les écritures de l'exil, cette communication propose une analyse comparative de deux voix majeures de la littérature francophone contemporaine : Kim Thúy (Ru, Mãn) et Fatima Daas (La petite dernière). Bien que s'ancrant dans des contextes géopolitiques et historiques distincts - les séquelles de la guerre et l'expérience des réfugiés vietnamiens (les boat people) pour la première, et l'intersectionnalité des identités (banlieue, religion, homosexualité) au sein de la diaspora algérienne en France pour la seconde -, ces deux autrices partagent une esthétique commune de la fragmentation.

Cette étude se propose d'examiner comment l'éclatement de la forme narrative (le fragment, le saut temporel, l'ellipse) devient l'outil privilégié pour traduire les silences du traumatisme et les processus de résilience. Il s'agira de démontrer que la fragmentation n'est pas seulement un choix stylistique, mais une nécessité ontologique pour des sujets en quête de reconstruction mémorielle.

L'analyse s'articulera autour de trois axes principaux :

  1. La traduction du traumatisme et la résilience de la mémoire : Comment le texte littéraire parvient-il à archiver les blessures invisibles du déplacement et de la marginalisation ? Nous analyserons comment Thúy et Daas négocient avec un passé douloureux pour forger une poétique de la résilience, offrant ainsi un témoignage intime qui résonne avec la mémoire collective.
  2. La « fabrique du féminin » en contexte diasporique : En s'appuyant sur une approche sociocritique, la communication explorera la construction, la déconstruction et la réinvention de l'identité féminine face aux injonctions patriarcales, religieuses et culturelles. Comment ces personnages féminins subvertissent-ils les attentes liées à leurs origines pour affirmer leur subjectivité ?
  3. L'autofiction comme espace de renégociation identitaire : Faisant écho aux réflexions sur les limites et les devenirs de l'autofiction, nous verrons comment l'hybridation des genres permet aux deux autrices de se réapproprier une agentivité linguistique, naviguant entre la langue maternelle, le silence et la langue française comme espace d'émancipation.